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Bilan immobilier 2025 : après trois années de crise, le marché de l’ancien amorce un redressement prudent

Après une période de fortes turbulences, le marché immobilier ancien a commencé à sortir de la crise en 2025. Selon la FNAIM, l’année marque un tournant avec le retour progressif de la croissance des transactions, une stabilisation des prix et des conditions de financement plus favorables. Si la reprise est bien engagée, elle reste néanmoins fragile et fortement dépendante du contexte économique et politique.

 

Une activité en hausse après un point bas historique

 

Le redémarrage du marché, anticipé par la FNAIM dès le début de l’année 2025, s’est confirmé au fil des mois. Après avoir atteint un point bas en 2024 avec seulement 845 000 transactions, le volume des ventes dans l’immobilier ancien s’est redressé pour atteindre environ 940 000 transactions en 2025. Ce niveau rapproche l’activité de celle observée en 2023, même si elle demeure nettement inférieure au record historique de 2021, qui avait culminé à 1 230 000 ventes.

Pour Loïc Cantin, président de la FNAIM, ce redressement traduit un changement de cycle : après trois années de recul marqué, le marché de l’existant retrouve progressivement des couleurs. Les ventes repartent, les prix cessent de chuter et l’activité se normalise peu à peu. Toutefois, cette dynamique positive montre des signes d’essoufflement depuis le milieu de l’année.

 

Une reprise freinée par les incertitudes

 

Malgré ces signaux encourageants, la reprise reste contenue. L’environnement politique et économique incertain continue de peser sur la confiance des ménages et des investisseurs. À cela s’ajoutent plusieurs freins structurels, notamment la hausse des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) intervenue en 2025 dans la majorité des départements, ainsi qu’une pénurie persistante de logements à la location.

Selon la FNAIM, cette situation entretient une défiance durable vis-à-vis du marché immobilier. Sans stabilité politique, fiscale et réglementaire, les signaux positifs observés en 2025 risquent de ne pas suffire à enrayer la crise structurelle du logement. Le secteur aurait besoin d’un véritable « choc de confiance » pour consolider durablement la reprise.

Par ailleurs, après avoir fortement reculé, les taux de crédit immobilier ont cessé de baisser à partir de la mi-2025 et se sont stabilisés autour de 3 %, contribuant à une normalisation progressive des conditions de financement.

 

Des prix globalement stables, avec de fortes disparités locales

 

Après une baisse marquée en 2023 (-3,5 % sur douze mois glissants) et une quasi-stagnation en 2024 (-0,4 %), les prix des logements anciens ont légèrement progressé en 2025. Au 1er janvier 2026, ils affichent une hausse annuelle de +0,8 %, un rythme proche de celui de l’inflation.

Les écarts territoriaux, très prononcés ces dernières années, tendent à se réduire, même si des disparités subsistent. Les hausses les plus significatives sont observées en Île-de-France (+1,6 %), dans les périphéries des dix plus grandes villes de province (+2,1 %) et dans les villes moyennes (+2,1 %). À l’inverse, les prix reculent légèrement à Paris (-0,5 %) et dans les communes rurales (-0,1 %).

Cette stabilité nationale masque toutefois des situations locales contrastées. Certaines villes continuent d’enregistrer des baisses modérées, comme Saint-Étienne, Grenoble ou Brest, tandis que d’autres connaissent des hausses bien supérieures à la moyenne, notamment Strasbourg, Mulhouse, Caen ou Reims.

 

Perspectives 2026 : une reprise qui reste sous conditions

 

Pour 2026, la FNAIM anticipe la poursuite de la reprise du marché immobilier ancien, mais à un rythme plus modéré qu’en 2025. Le volume des transactions pourrait ainsi se situer entre 960 000 et 980 000 ventes. Les prix devraient continuer de progresser légèrement, avec une hausse estimée entre +1 % et +2 %.

Cependant, ces perspectives demeurent fragiles. L’incertitude politique persistante et l’absence d’une politique du logement claire, lisible et ambitieuse continuent de peser sur les anticipations. Sans mesures structurantes et sans vision à long terme, la reprise pourrait peiner à s’installer durablement, laissant le marché exposé à de nouvelles tensions.