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Crédit immobilier : des taux à 3,40 % en septembre, un marché en perte de vitesse

Le marché du crédit immobilier poursuit son ralentissement. Selon le bilan du troisième trimestre 2026 de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, les montants des crédits accordés ont diminué de 9,2 % sur un an, tandis que le nombre de prêts octroyés recule de 8,1 %. Entre la hausse des taux d’intérêt, le coût croissant des opérations immobilières et les difficultés à augmenter leur apport personnel, les ménages rencontrent de plus en plus d’obstacles pour concrétiser leurs projets d’achat.

 

Des taux d’intérêt en hausse depuis le début de l’été

Après plusieurs mois de relative stabilité, les taux des crédits immobiliers sont repartis à la hausse. Au troisième trimestre 2026, le taux moyen s’établit à 3,32 %, hors assurance et frais de garantie, avant d’atteindre 3,40 % en septembre. Pour les projets d’acquisition, il s’élève à 3,31 % dans le neuf et à 3,40 % dans l’ancien.

Cette progression s’est accélérée à la rentrée. Après des augmentations limitées pendant l’été, les taux ont connu une hausse de 0,09 point en septembre. Les emprunts sur les durées les plus longues sont particulièrement concernés, avec une augmentation de 0,17 point pour les crédits sur 20 ans entre juin et septembre, contre 0,15 point sur 25 ans et 0,09 point sur 15 ans.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution, notamment les tensions inflationnistes, le renchérissement du financement des banques et la pression exercée sur leurs marges. Le contexte économique et international contribue également à cette remontée.

Pour les futurs acquéreurs, les conséquences sont immédiates : à mensualité et durée de remboursement identiques, une hausse des taux réduit le montant qu’il est possible d’emprunter. Certains ménages doivent ainsi revoir leur budget à la baisse ou mobiliser davantage d’épargne pour financer leur acquisition.

 

Des durées d’emprunt toujours plus longues

Face à ces difficultés, les banques continuent de s’appuyer sur des durées de remboursement élevées pour faciliter l’accès au crédit. Au troisième trimestre 2026, la durée moyenne des prêts atteint 252 mois, soit 21 ans. Près d’un crédit sur deux est désormais accordé sur 25 ans ou plus.

Pour les acquisitions dans le neuf, la durée moyenne atteint 22 ans, tandis qu’elle s’établit à 22 ans et un mois dans l’ancien.

L’allongement de la durée de remboursement permet de réduire les mensualités pour un même montant emprunté. Toutefois, cette solution montre ses limites. Alors que les taux augmentent et que le coût des logements progresse, les ménages disposent de moins en moins de marge de manœuvre pour préserver leur capacité d’emprunt.

Les établissements bancaires rencontrent donc davantage de difficultés à adapter les conditions de financement aux capacités financières des acheteurs, malgré le recours croissant aux prêts de longue durée.

 

Un marché du crédit en recul, notamment dans le neuf

Le ralentissement de la production de crédits, déjà perceptible depuis le début de l’année, s’est accentué pendant l’été. Sur le troisième trimestre 2026, le montant des crédits accordés recule de 9,2 % par rapport à la même période en 2025. Le nombre de prêts distribués diminue, lui, de 8,1 %.

Sur douze mois, à fin septembre, les montants prêtés affichent également une baisse de 3,4 % par rapport aux douze mois précédents. Ces chiffres confirment une dégradation progressive de la dynamique du marché.

Le logement neuf apparaît particulièrement fragilisé. Malgré le soutien du prêt à taux zéro, la demande s'essouffle et l'amélioration observée en 2025 laisse place à une baisse de l'activité de financement.

Dans l'ancien, la situation reste un peu plus favorable, notamment grâce aux ménages déjà propriétaires qui réalisent une nouvelle acquisition. Néanmoins, la reprise amorcée en 2024 perd également de son dynamisme.

Pour les professionnels de l'immobilier, cette évolution souligne l'importance de vérifier la capacité de financement des acquéreurs dès le début de leur recherche. Dans un contexte où les conditions d'emprunt se durcissent, la faisabilité financière d'un projet devient un élément déterminant pour mener une transaction à son terme.

 

Un pouvoir d'achat immobilier qui continue de se dégrader

La hausse des taux ne constitue pas la seule difficulté rencontrée par les ménages. Le coût des opérations immobilières poursuit lui aussi sa progression, plus rapidement que les revenus.

Sur les neuf premiers mois de 2026, ce coût augmente de 2,5 % par rapport à la même période en 2025, après une hausse de 4,2 % sur l'ensemble de l'année précédente. Selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, une opération immobilière financée représente désormais 4,2 années de revenus, contre 4,1 années un an auparavant.

L'apport personnel continue certes de progresser, mais cette augmentation semble atteindre un plafond pour une partie des ménages. Les acheteurs disposant de peu d'épargne, notamment les primo-accédants et les foyers aux revenus modestes, restent particulièrement vulnérables à la dégradation des conditions d'accès au crédit.

Même le retour de ménages aux revenus plus élevés ne suffit plus à compenser entièrement la hausse du coût des acquisitions. L'équilibre financier d'un projet repose donc de plus en plus sur une préparation rigoureuse, prenant en compte le prix du bien, le montant de l'emprunt, l'apport disponible et les frais annexes.

 

Anticiper son financement pour concrétiser son projet immobilier

Dans ce contexte, préparer son financement en amont devient essentiel. Avant de se positionner sur un bien, les acquéreurs ont intérêt à réaliser une simulation récente, à comparer plusieurs propositions bancaires et à intégrer l'assurance emprunteur ainsi que les frais liés à l'acquisition.

Le recours à un courtier peut également permettre d'étudier différentes solutions de financement et d'identifier les conditions les plus adaptées à chaque situation.

Pour les professionnels de l'immobilier, l'enjeu consiste à accompagner les acquéreurs dès les premières étapes de leur projet. Une vérification précoce de leur capacité d'emprunt permet de cibler des biens cohérents avec leur budget, de limiter les risques de blocage et de sécuriser davantage les transactions.

Alors que les taux poursuivent leur remontée et que la production de crédits se contracte, le marché immobilier reste confronté à des conditions de financement exigeantes. L'évolution des prochains mois sera déterminante pour mesurer la capacité des ménages à retrouver des marges de manœuvre et à concrétiser leurs projets d'acquisition.