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Crédit immobilier : la baisse des taux est-elle terminée ?

Après plusieurs mois de baisse et de stabilisation, les taux de crédit immobilier semblent marquer un tournant. En août, pour la première fois depuis fin 2023, aucune banque n’a diminué ses taux, et certaines ont même choisi de les augmenter légèrement, entre 0,05 % et 0,10 %. Ce phénomène pourrait indiquer que la période de baisse des taux touche à sa fin.

 

Des taux stables voire en légère hausse

 

Durant l’été, la plupart des banques ont maintenu leurs barèmes à un niveau stable. Seules quelques-unes ont relevé leurs taux, parfois uniquement pour certains profils d’emprunteurs, parfois pour toutes les catégories, sans exception. Cette situation traduit une probable atteinte d’un plancher pour les taux immobiliers, en grande partie liée à la remontée des taux d’emprunt d’État.

En effet, le taux de l’OAT 10 ans a franchi la barre des 3,40 % mi-juillet et début août, contre 3,20 % au début de l’année. Cette hausse a alourdi les conditions de refinancement des banques, qui ont donc répercuté cette augmentation dans leurs offres. Les établissements les plus prudents, soucieux de préserver la rentabilité de leurs crédits, ont choisi de relever leurs taux.

 

Des marges de négociation pour les meilleurs profils

 

Toutefois, toutes les banques ne répercutent pas systématiquement cette hausse. Pour certains profils dits « premium » — jeunes emprunteurs à fort potentiel, clients domiciliant leurs revenus ou rapatriant de l’épargne, ou encore projets immobiliers avec un bon diagnostic énergétique (DPE A, B ou C) —, des décotes restent négociables.

En août, les taux moyens se maintiennent ainsi à 3 % sur 15 ans, 3,20 % sur 20 ans et 3,40 % sur 25 ans, tandis que les meilleures conditions négociées peuvent atteindre 2,7 %, 2,9 % et 2,9 % respectivement.

 

Vers un plancher durable des taux ?

 

Plusieurs éléments suggèrent que les taux immobiliers ont peut-être atteint un plancher durable. La Banque centrale européenne (BCE) a interrompu sa série de huit baisses successives depuis mi-2024, laissant ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion du 24 juillet. Cette pause pourrait durer, alors que l’inflation se stabilise autour de l’objectif de 2 %.

Par ailleurs, les taux d’emprunt d’État devraient rester proches de 3,5 % dans les prochaines semaines. Ce contexte s’explique par des perspectives économiques modestes, les tensions commerciales liées aux droits de douane imposés par Donald Trump à l’Europe, ainsi que l’instabilité politique en France et la hausse du déficit public.

 

Une production de crédits en forte hausse

 

Face à ces conditions, les banques semblent avoir atteint leurs objectifs de production de crédits, ce qui limite leur besoin de baisser les taux pour attirer de nouveaux emprunteurs. Sur les cinq premiers mois de 2025, la production de crédits immobiliers hors renégociation a progressé de 46,8 % par rapport à la même période en 2024, passant de 38,8 milliards d’euros à 56,8 milliards d’euros.

Cette dynamique se poursuit en été : les réseaux comme Vousfinancer ont enregistré une hausse de 50 % du nombre de crédits accordés en juin et juillet par rapport à 2024. Ces mois représentent ainsi les volumes de crédits débloqués les plus élevés depuis septembre 2022.