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Crédit immobilier : les taux remontent, jusqu’où iront-ils d’ici fin 2026 ?

Après plusieurs mois de stabilité relative, les taux de crédit immobilier repartent progressivement à la hausse. Selon les dernières données de Meilleurtaux, les taux moyens atteignent désormais 3,40 % sur 15 ans, 3,50 % sur 20 ans et 3,60 % sur 25 ans dans la seconde moitié de septembre 2026. Une tendance qui pourrait se poursuivre au cours des prochains mois, sans pour autant annoncer une envolée brutale.

 

Une remontée déjà visible en septembre

 

La hausse des taux de crédit immobilier se confirme en cette rentrée. Entre le début et la seconde quinzaine de septembre, les taux moyens relevés par Meilleurtaux sont passés de 3,28 % à 3,40 % sur 15 ans, de 3,40 % à 3,50 % sur 20 ans et de 3,50 % à 3,60 % sur 25 ans.

Les nouveaux barèmes transmis au courtier affichent ainsi des progressions comprises entre 0,10 et 0,15 point. Une évolution qui n’est toutefois pas totalement inattendue : Meilleurtaux anticipait déjà, dès la fin août, une remontée progressive des taux à l’automne.

La décision de la Banque centrale européenne de relever ses taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre intervient donc dans un contexte où cette évolution était déjà largement anticipée par les banques. Elle ne devrait ainsi pas provoquer de hausse brutale des taux proposés aux emprunteurs.

 

Des coûts de financement qui pèsent sur les banques

 

Si les établissements bancaires augmentent progressivement leurs barèmes, c’est notamment parce qu’ils doivent composer avec des coûts de financement plus élevés. À cela s’ajoutent un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient et les incertitudes liées à la campagne présidentielle française, qui participent également à renforcer la prudence des acteurs financiers.

Pour Maxime Chipoy, directeur éditorial de Meilleurtaux, les banques font désormais face à une situation difficile à absorber sur la durée : « Les coûts de financement élevés s’installent dans la durée ».

Pour autant, les établissements ne semblent pas vouloir procéder à une augmentation massive de leurs taux. Leur objectif reste notamment de préserver la demande de crédit et de maintenir une activité suffisante sur le marché immobilier.

 

Jusqu’à 4 % sur 20 ans en fin d’année ?

 

Selon les projections de Meilleurtaux, la hausse pourrait se poursuivre au cours des prochains mois, mais de manière progressive. Le courtier estime que les banques pourraient ajuster leurs grilles tarifaires environ tous les quinze jours, avec de petites augmentations successives plutôt qu’une hausse importante en une seule fois.

D’ici la fin du mois de décembre, Meilleurtaux prévoit ainsi une progression supplémentaire comprise entre 0,30 et 0,50 point. Sur une durée de 20 ans, le taux moyen pourrait alors atteindre une fourchette comprise entre 3,70 % et 4 %.

Cette évolution serait donc davantage une remontée progressive qu’un nouveau choc comparable à celui observé en 2022-2023, lorsque l’augmentation rapide des taux avait fortement réduit la capacité d’emprunt des ménages et contribué au ralentissement du marché immobilier.

 

Pourquoi les banques cherchent-elles à limiter la hausse ?

 

Une remontée trop rapide des taux pourrait en effet avoir des conséquences directes sur la demande. Plus le coût d’un crédit augmente, plus la capacité d’emprunt des ménages diminue, ce qui peut conduire certains acheteurs à reporter leur projet.

Les banques ont donc intérêt à trouver un équilibre entre la hausse de leurs propres coûts de financement et leur volonté de continuer à attirer de nouveaux emprunteurs. Cette stratégie explique notamment pourquoi certains établissements continuent de proposer des conditions commerciales avantageuses à certains profils.

Les écarts entre les banques peuvent d’ailleurs être importants. Meilleurtaux indique que la différence entre deux propositions peut dépasser 0,5 point. Les moins de 35 ans et les primo-accédants peuvent notamment bénéficier de conditions plus favorables dans certains établissements.

 

Faut-il attendre avant de se lancer ?

 

Dans ce contexte, les particuliers qui ont déjà un projet immobilier peuvent être tentés d’attendre une éventuelle baisse des taux. Mais selon Meilleurtaux, miser sur une diminution rapide dans les prochains mois comporte un risque.

Le niveau actuel des taux reste en effet susceptible d’évoluer d’ici la fin de l’année, tandis que la fourchette de 3,70 % à 4 % sur 20 ans constitue à ce stade une prévision et non un niveau garanti.

Pour les ménages dont le projet est déjà mûr, le courtier estime donc qu’il n’y a pas nécessairement de raison de le repousser. Les emprunteurs peuvent par ailleurs rechercher les établissements proposant les conditions les plus adaptées à leur profil et étudier les dispositifs complémentaires disponibles.

Certaines banques proposent encore notamment des prêts bonifiés à destination des primo-accédants, avec des taux pouvant descendre jusqu’à 1,99 % selon les offres.

 

Une fin d’année sous surveillance

 

Les prochains mois seront donc déterminants pour le marché du crédit immobilier. Après une période de stabilité, les taux repartent à la hausse, mais les banques semblent privilégier une évolution progressive afin de ne pas fragiliser davantage la demande.

Le scénario envisagé par Meilleurtaux table ainsi sur une progression par petites étapes jusqu’à la fin de 2026. Sur 20 ans, le taux moyen pourrait atteindre 3,70 % à 4 % en décembre.

Une prévision qui devra toutefois être confirmée par l’évolution réelle des marchés et des politiques bancaires dans les prochains mois.