Deux réformes du DPE vont se succéder en quelques mois, mais elles ne doivent surtout pas être confondues. Alors que la réforme entrée en vigueur en 2026 a modifié le calcul de la performance énergétique, celle qui s’appliquera au 1er janvier 2027 enrichira le contenu du diagnostic et introduira une nouvelle mention : « A0 ».
Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) continue d’évoluer. Après la réforme mise en place au 1er janvier 2026, une nouvelle étape se profile déjà pour les propriétaires, acquéreurs et professionnels de l’immobilier.
L’arrêté du 11 juin 2026, publié au Journal officiel le 13 août, adapte le DPE français aux exigences de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments. Ses nouvelles dispositions s’appliqueront aux diagnostics établis à partir du 1er janvier 2027.
Contrairement à la réforme de 2026, ce nouveau texte ne modifie pas le calcul de la note énergétique du logement. Il vient principalement enrichir les informations présentes dans le DPE et introduit notamment la mention « A0 ».
Un DPE plus détaillé dès 2027
À compter du 1er janvier 2027, le DPE devra intégrer plusieurs informations supplémentaires concernant notamment les énergies renouvelables et les équipements du logement.
Parmi les principales nouveautés, le diagnostic devra préciser :
- la quantité d’énergie renouvelable produite sur place, exprimée en kWh et détaillée selon les différentes sources ;
- la part de cette production dans la consommation totale d’énergie finale, en tenant compte de l’autoconsommation ;
- le principal vecteur ou la principale source d’énergie utilisée dans le logement, aussi bien en énergie primaire qu’en énergie finale ;
- la durée de vie restante du système de chauffage et, lorsqu’elle existe, de la climatisation ;
- la capacité du logement à adapter sa consommation aux signaux du réseau électrique, notamment pour contribuer à sa flexibilité ;
- l’aptitude des émetteurs de chaleur et du réseau de distribution à fonctionner à basse température, une information particulièrement intéressante dans le cadre de l'installation d'une pompe à chaleur.
Le DPE donnera ainsi davantage de visibilité sur les équipements existants et sur leur potentiel d’évolution.
Les énergies renouvelables davantage mises en avant
L’annexe consacrée aux énergies renouvelables sera également entièrement revue.
Le diagnostic devra notamment recenser les équipements installés de manière permanente dans le logement : panneaux photovoltaïques ou solaires thermiques, pompe à chaleur, géothermie, chauffe-eau thermodynamique, chauffage au bois, éolienne, cogénération ou encore raccordement à un réseau de chaleur ou de froid efficace.
Ces équipements seront identifiés à l’aide de pictogrammes officiels.
Le document pourra également signaler les solutions d’énergies renouvelables qui ne sont pas présentes dans le logement. Lorsqu’aucun dispositif n’est installé, une mention explicite indiquera que le logement n’est pas encore équipé de systèmes de production d’énergies renouvelables.
Une évolution qui pourrait permettre de mieux valoriser certains investissements réalisés par les propriétaires, notamment ceux liés à la production d’énergie.
« A0 » : une nouvelle mention, mais pas une nouvelle classe
L’une des nouveautés les plus visibles sera l’apparition de la mention « A0 ».
Attention toutefois : A0 ne constitue pas une nouvelle classe énergétique. L’échelle du DPE reste inchangée, de A à G, avec les mêmes seuils.
La mention « A0 » viendra simplement compléter l’étiquette de certains logements particulièrement performants.
Pour pouvoir l'obtenir, deux conditions devront être réunies. Le logement devra tout d’abord être classé A ou B. Il devra ensuite utiliser exclusivement des énergies renouvelables produites sur place ou à proximité, de l’électricité ou une énergie provenant d’un réseau de chaleur ou de froid considéré comme efficace.
Surtout, aucun équipement de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire ne devra pouvoir fonctionner avec une énergie fossile.
Une chaudière au gaz, même utilisée uniquement en appoint, exclura donc le logement de cette mention.
Ce que la réforme de 2027 ne change pas
Contrairement à ce que certains pourraient penser, l’arrêté du 11 juin 2026 ne modifie pas les seuils des classes énergétiques.
Il ne change pas non plus les coefficients de conversion en énergie primaire ni les facteurs d’émission utilisés pour établir l’étiquette.
Autrement dit, un logement ne passera pas automatiquement de E à D ou de D à E à partir du 1er janvier 2027.
Les DPE réalisés avant cette date restent par ailleurs valables pendant leur durée réglementaire. Un diagnostic établi en 2025 ou en 2026 ne deviendra donc pas obsolète au 1er janvier 2027 : il conservera sa validité, mais ne comportera simplement pas les nouvelles informations introduites par la réforme.
Une évolution technique est toutefois prévue concernant le calcul des déperditions liées au renouvellement de l’air, qui seront désormais distinguées entre la ventilation, d’une part, et l’aération ainsi que les défauts d’étanchéité, d’autre part.
Cette réforme ne modifie pas non plus le calendrier d’interdiction de location des logements considérés comme des passoires énergétiques, qui dépend d’autres dispositions réglementaires.
À ne pas confondre avec la réforme du DPE de 2026
C’est probablement le principal point de vigilance pour les professionnels de l’immobilier.
La réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026 a, elle, bien modifié le calcul du DPE.
Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est ainsi passé de 2,3 à 1,9, afin de se rapprocher de la valeur retenue au niveau européen.
Cette modification a permis à de nombreux logements chauffés à l’électricité d’améliorer leur classement énergétique, parfois d’une classe, sans qu’aucun travaux de rénovation énergétique n’ait été réalisé.
Les propriétaires disposant d'un ancien DPE peuvent d’ailleurs, sous certaines conditions, obtenir une mise à jour de leur classement sans nouvelle visite du diagnostiqueur.
La distinction est donc essentielle :
la réforme de 2026 modifie le calcul du DPE et peut faire évoluer l’étiquette ; la réforme de 2027 enrichit principalement le contenu du diagnostic.
Une réforme à anticiper pour les professionnels de l’immobilier
Le calendrier est relativement serré. L’arrêté a été signé le 11 juin 2026, publié le 13 août et entrera en application moins de cinq mois plus tard, le 1er janvier 2027.
Les diagnostiqueurs et les éditeurs de logiciels devront donc adapter leurs outils afin d’intégrer les nouvelles rubriques et les nouveaux pictogrammes.
Pour les agents immobiliers et les conseillers, certaines informations pourraient également devenir de véritables arguments dans les transactions.
La durée de vie restante du système de chauffage, par exemple, donnera aux acquéreurs une indication supplémentaire sur les dépenses potentielles à prévoir après l’achat. À l’inverse, la présence d’une installation photovoltaïque, d’une pompe à chaleur ou d’un autre équipement renouvelable pourra être davantage valorisée dans le diagnostic.
Pour les propriétaires qui envisagent de remplacer leur chaudière ou leur système de chauffage, le choix de l’équipement mérite donc d’être anticipé. Le système installé aujourd’hui pourra directement influencer la manière dont le logement sera présenté dans son DPE demain.
Et concrètement, que faut-il retenir ?
À partir du 1er janvier 2027, le DPE deviendra donc plus complet et plus informatif, sans pour autant bouleverser son système de classement.
L’échelle restera de A à G, les seuils ne changeront pas et les anciens DPE resteront valables.
En revanche, le diagnostic donnera davantage d’informations sur les énergies renouvelables, les équipements de chauffage et de climatisation, leur durée de vie et leur capacité d’adaptation, tout en introduisant la nouvelle mention « A0 » pour certains logements très performants et totalement dépourvus d’énergies fossiles.
Pour les propriétaires comme pour les professionnels de l’immobilier, l’enjeu sera donc surtout de bien distinguer les deux réformes : celle de 2026 a changé le calcul, tandis que celle de 2027 va surtout changer ce que l’on peut lire dans le DPE.