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Immobilier en 2026 : reprise des transactions et tension persistante sur la location

Début 2026, le marché immobilier français amorce une nouvelle phase après plusieurs années de correction. Si la transaction connaît un redémarrage net, le marché locatif, lui, reste sous forte pression, en raison d’un manque structurel d’offre et de choix stratégiques des bailleurs.

 

2025 : une année charnière pour la transaction

 

Après deux années d’ajustement, 2025 a marqué un tournant pour le marché immobilier. Les prix se sont globalement stabilisés, avec une hausse modérée de +0,7% en moyenne nationale, tandis que l’activité est restée soutenue avec près de 940 000 ventes réalisées. Cette stabilisation s’est faite dans un contexte d’offre limitée (-4% de biens mis en vente) et d’adaptation aux nouvelles obligations réglementaires, notamment l’audit énergétique.

 

Début 2026 : reprise différenciée selon les biens et les territoires

 

Dès janvier 2026, les indicateurs confirment un regain d’activité sur le marché de la transaction. L’offre augmente de +4,3% par rapport à l’an dernier, avec 183 671 biens disponibles. Les prix repartent à la hausse (+8,7%, atteignant 3 536 €/m²), tandis que les budgets d’achat évoluent plus modérément (+1,8%, à 339 988 €) et que la surface moyenne achetée recule de 6 m², à 96 m². Les acheteurs deviennent plus sélectifs, prenant en compte l’emplacement, l’état du bien et les travaux à prévoir. L’obligation d’audit énergétique pour les logements classés E, F et G, désormais pleinement intégrée, influence directement les délais de vente et les négociations.

 

Maisons : une demande toujours forte

 

Les maisons continuent de concentrer la majorité de l’offre, représentant près de 60% des biens mis en vente en 2025, malgré un recul de -6,5%. Début 2026, la rareté des maisons disponibles se fait encore plus sentir (-14,2% par rapport à janvier 2025). Les prix poursuivent leur progression (+1,8%, à 2 783 €/m²) et le budget moyen atteint 363 320 €, pour une surface toujours importante de 130 m².

 

Appartements : une reprise plus fluide

 

Après un ajustement plus marqué en 2025, notamment dans les grandes villes (-1,2% sur les prix/m²), le marché des appartements reprend de la vigueur en 2026. L’offre progresse fortement (+30%, à 95 948 biens), accompagnée d’une hausse des prix (+4%, à 4 925 €/m²) et des budgets (+5,6%, à 318 657 €), tandis que la surface moyenne reste stable à 65 m². La reprise profite surtout aux appartements bien situés, fonctionnels et conformes aux exigences réglementaires.

 

Des dynamiques locales très hétérogènes

 

Le redémarrage n’est pas uniforme selon les villes. Dans les grandes métropoles, la reprise reste graduelle : Paris progresse de +3,3% (12 535 €/m², +1,5%), Nantes (+7,2%) et Lyon (+1,8%) affichent des hausses modérées, tandis que Nice recule encore (-7,2%).

Dans les métropoles régionales, le marché est plus dynamique : Le Havre (+9,9%), Rennes (+7,8%) et Grenoble (+5%) enregistrent des volumes en hausse, portés par des prix plus accessibles.

Dans les villes moyennes et périphériques, les contrastes sont marqués : Beauvais (-20,8%), Dunkerque (-19,6%) et Villeneuve d’Ascq (-12,9%) reculent, alors que Vénissieux (+21,1%), Saint-Nazaire (+18%) et Vaulx-en-Velin (+16,9%) progressent, soutenues par des prix modérés. Les marchés littoraux et premium restent sous pression, avec une offre limitée et des prix élevés (Antibes -8,7%, Nice -7,2%, Cannes -3,1%).

 

Location : un marché toujours tendu

 

À l’inverse de la transaction, le marché locatif demeure sous tension. À fin 2025, l’offre de logements à louer n’a progressé que de +1,5%, tandis que les loyers ont augmenté de +2%, pour atteindre 812 € en moyenne. La demande reste soutenue, en particulier dans les zones tendues, en raison des difficultés d’accès à la propriété.

Le cadre réglementaire influence fortement les stratégies des bailleurs : les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, et les échéances pour les logements F et E (2028 et 2034) orientent déjà les décisions patrimoniales. L’ajustement du calcul du DPE début 2026 permet à environ 850 000 logements d’améliorer leur classement énergétique, offrant un léger répit sans compenser le manque d’offre.

 

Non meublé vs meublé : des arbitrages stratégiques

 

Les bailleurs adaptent leurs stratégies face aux contraintes et à la pression sur la rentabilité. La location non meublée recule dans de nombreuses zones tendues, alors que la location meublée continue de progresser, notamment dans les grandes villes, zones étudiantes et touristiques. Les loyers augmentent dans les deux segments, mais plus modérément pour le meublé (+1,4%, à 19,1 €/m²) que pour le non meublé (+2,3%, à 13,2 €/m²).

 

Une pression locative très variable selon les villes

 

La tension locative reste forte mais hétérogène. Certaines villes voient l’offre progresser : Saint-Nazaire (+25,8%), Angers (+18,3%) ou Niort (+18,2%), tandis que d’autres enregistrent un net recul : Biarritz (-30,7%), Arles (-16,2%) et Marseille (-9,6%). Les loyers poursuivent leur hausse presque partout, avec des augmentations marquées à Nice (+6,6%), Dunkerque (+6,9%) et Roubaix (+6,2%).