Le marché immobilier français montre un paradoxe : les prix continuent de grimper, mais la demande marque le pas et les ventes ralentissent dans de nombreuses régions. Selon le Baromètre LPI-IAD de fin novembre 2025, la hausse des prix concerne désormais 80 % des villes de plus de 100 000 habitants. Cependant, le rythme de progression s’essouffle, passant de +2,1 % en octobre à +1,9 % sur un an en novembre pour l’ensemble du marché.
Marché des maisons : une hausse moins soutenue mais toujours significative
Le marché des maisons, très dynamique jusqu’au début de l’été, voit désormais sa croissance modérée. Après +2 % en juin, la hausse annuelle n’est plus que de 1,4 % en novembre. Ce ralentissement ne traduit pas une faiblesse de la demande : l’offre insuffisante maintient la pression sur les prix. Depuis septembre, les prix des compromis signés ont progressé de 2,5 % sur un an, et les marges de négociation atteignent des niveaux historiques.
Les appartements anciens : une hausse qui s’étend
Les appartements anciens continuent de voir leurs prix augmenter, notamment dans les zones urbaines où la pénurie de biens reste marquée. La hausse annuelle se stabilise à +2,3 %, alors que la demande reste hésitante, rendant l’accès au marché plus difficile pour les ménages à faibles apports. La dynamique haussière est également entretenue par la réduction des biens abordables.
En Province, 66 % des villes de plus de 40 000 habitants enregistrent une hausse des prix, avec une moyenne de +6 % dans les villes concernées. Certaines villes voient même des hausses à deux chiffres, comme Béziers, Caen, Laval, Metz ou Thionville. En revanche, des villes comme Amiens, Le Havre, Le Mans, Lille, Nantes, Orléans et Saint-Étienne restent à l’écart de cette tendance. En Ile-de-France, 68 % des villes connaissent également une hausse, mais le rythme reste plus modéré (+3 % en moyenne contre +6 % en Province).
Marché du neuf : un contraste frappant entre maisons et appartements
Dans le neuf, la situation diverge selon le type de bien. Les ventes de maisons individuelles profitent de conditions de crédit améliorées et progressent rapidement, avec une hausse annuelle des prix de +2,8 %. Les appartements neufs, en revanche, peinent à trouver preneur. Le prix élevé et la localisation des biens, combinés à un environnement législatif défavorable pour l’investissement locatif, maintiennent les prix stables depuis plusieurs mois.
Les métropoles : des hausses concentrées et une préférence pour la périphérie
Dans les grandes métropoles, la hausse des prix des maisons se renforce, touchant 66 % des grandes villes. Certaines villes comme Nancy et Nice enregistrent des hausses supérieures à 5 %, tandis que Bordeaux, Brest, Grenoble et Lille voient des hausses de 3 %. La demande se concentre sur des quartiers offrant un cadre de vie plus sécurisé, avec une préférence marquée pour la périphérie dans des villes comme Brest, Grenoble, Marseille, Montpellier et Rennes. À l’inverse, cette tendance n’est pas observée à Bordeaux, Lyon ou Paris.
Marges de négociation : des niveaux historiques
Les marges de négociation atteignent des records : 10 % en moyenne pour l’ensemble du marché en novembre 2025, contre 5 % depuis 2010. Elles sont particulièrement élevées sur les maisons de grande taille (12,5 % pour les maisons de 7 pièces et plus) et sur les appartements de 4 pièces et plus, reflétant la difficulté d’accès au crédit et la hausse rapide des prix.
Une fin d’année morose
Après un printemps et un début d’été dynamiques, le marché marque le pas. Les ventes de logements anciens ralentissent : +8,8 % sur trois mois en novembre, contre +13,1 % à la même période l’an dernier. La demande hésite, confrontée au rationnement du crédit et à l’environnement politique et économique défavorable.
En Province, le ralentissement est particulièrement marqué : certaines régions voient les ventes reculer de 8 % sur un an, tandis que dans d’autres, la progression reste modérée, malgré la pression de la demande et le manque d’offre nouvelle. Seules quelques régions bénéficient encore d’une croissance rapide (+20 %) grâce à une forte demande persistante.