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Immobilier : un marché à deux vitesses au premier semestre 2026

Le premier semestre 2026 confirme une profonde évolution du marché immobilier français. Si les prix restent globalement stables à l'échelle nationale, cette apparente stabilité masque une réalité bien différente : les écarts de valeur entre les biens n'ont jamais été aussi importants. Désormais, la performance énergétique, l'état du logement et sa localisation jouent un rôle déterminant dans la fixation des prix.

 

Des écarts de prix de plus en plus marqués

 

Selon le réseau ERA Immobilier, le marché est désormais fortement segmenté. Deux logements situés dans une même ville, voire dans un même quartier, peuvent afficher des différences de prix considérables en fonction de leur qualité, de leur niveau de rénovation ou encore de leur diagnostic de performance énergétique (DPE).

Cette nouvelle réalité marque une véritable transformation du marché, où chaque bien est désormais évalué selon ses propres caractéristiques plutôt qu'à travers une tendance générale.

 

Le DPE devient un véritable levier de valorisation

 

La performance énergétique s'impose aujourd'hui comme l'un des principaux critères de décision des acquéreurs. Les logements classés A ou B, plus économes en énergie, bénéficient d'une forte attractivité et se vendent généralement plus rapidement.

À l'inverse, les biens classés F ou G subissent des décotes pouvant atteindre 15 à 25 %. Les acheteurs anticipent désormais le coût des travaux de rénovation énergétique dès leur première offre, ce qui pèse directement sur la valeur des logements les moins performants.

 

Un marché immobilier de plus en plus segmenté

 

Le marché évolue désormais à plusieurs vitesses. Les biens haut de gamme continuent de séduire une clientèle prête à investir dans des emplacements d'exception et des prestations premium, tandis que les logements nécessitant d'importants travaux rencontrent davantage de difficultés à trouver preneur.

Cette tendance s'observe dans l'ensemble des grandes métropoles françaises, où les écarts de prix atteignent parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros par mètre carré.

À Paris, les biens de prestige dépassent les 31 000 €/m² dans certains arrondissements, alors que des logements énergivores peuvent être proposés sous les 7 200 €/m².

À Marseille, les villas du Roucas Blanc franchissent les 17 800 €/m², tandis que certains logements anciens du centre-ville ou des quartiers nord stagnent autour de 2 200 €/m².

À Montpellier, les villas sur le toit dépassent les 11 000 €/m² et les programmes neufs performants bénéficient d'une véritable prime. À l'inverse, une partie du parc ancien énergivore voit ses prix fortement reculer, avec des transactions autour de 2 000 €/m².

La même dynamique est observée à Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Strasbourg, Lille ou encore Nice, où les biens les plus performants continuent de soutenir les prix tandis que les logements anciens les moins bien classés enregistrent des corrections importantes.

 

Des taux en hausse, mais un marché qui résiste

 

Après une période de stabilisation observée en 2025, les taux de crédit repartent progressivement à la hausse. L'inflation, le coût de l'énergie, les politiques monétaires et le contexte géopolitique international contribuent à cette évolution.

Malgré ce contexte, le marché ne connaît pas de ralentissement brutal. Les volumes de transactions reculent légèrement, mais les projets immobiliers continuent de se concrétiser.

 

Les primo-accédants retrouvent une place centrale

 

Le retour du Prêt à Taux Zéro (PTZ) sur l'ensemble du territoire, ainsi que son extension aux maisons individuelles neuves, permettent à de nombreux ménages de concrétiser leur premier achat.

Les banques ont également relancé leur politique commerciale auprès des primo-accédants, qui figurent aujourd'hui parmi les principaux moteurs du marché, contrairement aux investisseurs et aux secundo-accédants, davantage freinés par le contexte économique et réglementaire.

 

Un secteur soutenu par de nouvelles perspectives

 

Le logement revient progressivement au cœur des priorités des pouvoirs publics. Plusieurs rapports et propositions mettent en avant la nécessité de soutenir l'accession à la propriété, de simplifier les normes, d'encourager la rénovation énergétique et de relancer la construction.

Même si les effets de ces mesures devraient être progressifs, elles témoignent d'une volonté de redonner un nouvel élan au marché immobilier.

 

Le premier semestre 2026 confirme que le marché immobilier français n'évolue plus de manière uniforme. La qualité du bien, son niveau de performance énergétique et son emplacement influencent désormais davantage sa valeur que la tendance générale des prix. Dans ce contexte, chaque projet immobilier nécessite une analyse au cas par cas afin d'estimer au plus juste le potentiel de chaque logement.