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Investissement locatif : le « dispositif Jeanbrun » entre en scène dans le PLF 2026

Bonne nouvelle pour les investisseurs immobiliers. Le très attendu statut du bailleur privé figure bien dans le projet de loi de finances pour 2026 (PLF 2026), que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’apprête à faire adopter par le biais de l’article 49.3 de la Constitution. Mieux encore : le dispositif retenu se révèle plus ambitieux que prévu. Exit le simple « statut du bailleur privé », place désormais au « dispositif Jeanbrun », du nom du député à l’origine de la mesure.

 

Un signal fort envoyé au secteur du logement

 

Sauf censure du gouvernement, cette réforme marque un tournant majeur pour l’investissement locatif en France. Son objectif est clair : relancer la construction et redonner de l’attractivité à l’immobilier résidentiel.

« C’est une très bonne nouvelle parce que nous allons pouvoir relancer fortement le secteur du logement. Ce dispositif va créer un choc d’offre et permettre de construire près de 50 000 logements supplémentaires par an », s’est félicité Vincent Jeanbrun auprès de l’AFP. Le député y voit également « un signal très fort envoyé au monde du logement ».

 

Des avantages fiscaux renforcés dans le neuf

 

Pour l’investissement dans le neuf, le dispositif Jeanbrun instaure un mécanisme d’amortissement fiscal progressif, conditionné au niveau de loyer pratiqué :

  • 3,5 % par an pour un logement à loyer intermédiaire, plafonné à 8 000 € ;

  • 4,5 % par an pour un logement à caractère social, plafonné à 10 000 € ;

  • 5,5 % par an pour un logement très social, plafonné à 12 000 €.

Ce dernier niveau d’avantage fiscal est soumis à un engagement de location de neuf ans, sans condition de zonage géographique, une nouveauté notable par rapport aux anciens dispositifs.

 

Des conditions précises pour l’ancien

 

Le dispositif s’applique également à l’immobilier ancien, mais sous certaines conditions. L’investisseur devra notamment réaliser des travaux lourds représentant au moins 30 % du prix d’achat du bien.

Les taux d’amortissement prévus sont les suivants :

  • 3 % pour un loyer intermédiaire ;

  • 3,5 % pour un loyer social ;

  • 4 % pour un loyer très social.

Dans ce cas, l’amortissement est plafonné à 10 700 € par an, avec, là aussi, une obligation de location de neuf ans. Contrairement à certains anciens dispositifs, cette mesure s’applique sur l’ensemble du territoire français, sans zonage restrictif.

 

Un changement majeur : le déficit foncier élargi

 

Autre avancée notable : le déficit foncier généré par l’investissement pourra désormais être déduit de l’ensemble des revenus du contribuable, et non plus seulement des revenus fonciers, comme c’était le cas jusqu’à présent. Une évolution majeure qui renforce considérablement l’attractivité fiscale du dispositif.

 

Un impact budgétaire assumé

 

Selon les estimations du gouvernement, le « dispositif Jeanbrun » pourrait générer plus de 500 millions d’euros de recettes fiscales, grâce à la relance de la construction et à l’élargissement de l’assiette imposable.

Avec cette réforme, l’exécutif entend donc répondre à la crise du logement tout en redonnant confiance aux investisseurs privés. Reste désormais à savoir si le texte survivra au vote parlementaire ou à une éventuelle censure pour entrer pleinement en vigueur dès 2026.