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Logements vacants : dès 2027, les propriétaires seront directement identifiés par les mairies

À partir du 1er janvier 2027, les communes et intercommunalités disposeront automatiquement des informations fiscales concernant les logements recensés comme vacants sur leur territoire. Une transmission qui doit faciliter l’identification des biens inoccupés et permettre aux collectivités d’appliquer plus facilement la taxe sur les logements vacants.

 

Les mairies recevront directement les informations fiscales

 

Jusqu’à présent, les collectivités devaient solliciter l’administration fiscale pour obtenir la liste des logements vacants. À compter de 2027, cette démarche disparaîtra : le fisc transmettra automatiquement chaque année les données aux communes et aux intercommunalités à fiscalité propre.

Le fichier transmis pourra notamment contenir :

  • le nom et l’adresse du propriétaire ;
  • l’adresse du logement concerné ;
  • le type de logement ;
  • sa valeur locative cadastrale ;
  • son mode d’occupation ;
  • le motif déclaré de la vacance ;
  • la durée pendant laquelle le logement est resté vacant ;
  • le taux de taxation applicable.

Cette évolution est prévue par la loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. L’objectif est de permettre aux collectivités de croiser plus facilement les données fiscales avec la situation réelle des logements présents sur leur territoire.

Mais attention : la transmission automatique des informations ne signifie pas que tous les logements vacants seront automatiquement taxés.

 

Une taxation différente selon les communes

 

Dans les communes situées en zone tendue, la nouvelle taxe sur la vacance des locaux d’habitation pourra s'appliquer après un an de vacance.

Le taux sera fixé à 17 % la première année d’imposition, puis à 34 %. Les communes pourront toutefois décider d’appliquer les taux maximaux prévus par la loi, soit 30 % puis 60 %.

Dans les communes qui ne sont pas situées en zone tendue, la taxation sera possible uniquement si la commune ou l’intercommunalité décide de mettre en place cette taxe. Elle pourra alors concerner les logements vacants depuis au moins deux ans, avec un taux pouvant atteindre 50 %.

À partir de 2027, cette nouvelle taxe remplacera les deux dispositifs actuellement applicables aux logements vacants.

 

Paris choisit les taux maximaux

 

Paris a déjà décidé d’appliquer les taux les plus élevés autorisés. Le Conseil de Paris a adopté cette mesure le 16 juillet 2026 : le taux sera de 30 % la première année d’imposition, puis de 60 %.

La capitale compte environ 139 075 logements vacants hors résidences secondaires, soit près de 10 % de son parc immobilier selon les données de l’Insee. La Ville de Paris souhaite ainsi remettre environ 20 000 logements sur le marché.

Concrètement, elle donne l’exemple d’un appartement vacant de 30 m² situé dans le 17e arrondissement : sa taxe passerait d’environ 790 € avant la réforme à 1 400 € en 2027, puis à 2 800 € à partir de 2028.

 

Une taxe calculée sur la valeur locative cadastrale

 

Le montant de la taxe dépendra de la valeur locative cadastrale du logement. Cette valeur fiscale repose sur une méthode d’évaluation datant de 1970, qui a depuis été actualisée grâce à différents coefficients.

Elle sert également de base au calcul de la taxe foncière, mais les deux mécanismes diffèrent. Pour la taxe foncière, seule la moitié de la valeur locative est retenue après un abattement forfaitaire de 50 %. Pour la taxe sur les logements vacants, c’est en revanche la valeur locative entière qui est utilisée.

Cette valeur peut donc avoir un impact important sur le montant finalement réclamé au propriétaire.

Selon ORKA.tax, qui affirme avoir analysé plus de 1 600 biens, 87 % des avis étudiés reposaient sur une valeur locative considérée comme trop élevée, avec un écart moyen estimé à 260 € par an et par foyer. Ces chiffres concernent toutefois uniquement les dossiers analysés par la plateforme.

Une erreur concernant la surface du logement, ses équipements, ses dépendances ou encore son état peut en effet modifier la valeur locative cadastrale et, par conséquent, le montant de la taxe.

 

Tous les logements vacants ne seront pas concernés

 

Le fait qu’un logement soit vide ne signifie pas nécessairement qu’il sera imposé.

Un logement occupé pendant plus de 90 jours consécutifs au cours de l’année peut notamment échapper à la taxe. La vacance doit également être indépendante de la volonté du propriétaire dans certaines situations.

Des travaux importants, une succession bloquée ou encore l’impossibilité de trouver un locataire ou un acquéreur malgré un prix cohérent avec le marché peuvent notamment permettre de justifier la vacance.

Dans ces situations, le propriétaire doit être en mesure de démontrer que le logement ne pouvait pas être occupé ou vendu dans des conditions normales. Il est donc recommandé de conserver les justificatifs : devis de travaux, annonces immobilières, mandats, échanges avec les agences ou tout autre document permettant de démontrer la situation.

 

Les propriétaires ont intérêt à vérifier leurs informations

 

Avec la transmission automatique des données aux collectivités à partir de 2027, les propriétaires devront être particulièrement attentifs aux informations enregistrées par l’administration fiscale.

Ils peuvent notamment consulter les informations relatives à leurs biens depuis leur espace « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr.

Si les caractéristiques du logement ou les informations cadastrales sont incorrectes, une demande de correction peut être effectuée auprès de l’administration fiscale. En cas de taxation injustifiée, le propriétaire pourra également déposer une réclamation.

À retenir : dès 2027, les mairies auront donc une vision beaucoup plus précise des logements vacants présents sur leur territoire et de l’identité de leurs propriétaires. Pour les propriétaires concernés, vérifier dès maintenant les informations fiscales de leurs biens et conserver les justificatifs de toute vacance subie peut permettre d’éviter une taxation injustifiée.