Après les signes encourageants observés au printemps, le marché immobilier français semble marquer une pause. L’été 2026 a été moins dynamique pour les professionnels, avec une activité en recul et des acheteurs toujours plus exigeants. D’après la dernière enquête réalisée par Immonot auprès des notaires, les prochains mois devraient rester marqués par la prudence, tandis que les prix continuent de subir des ajustements.
L’activité immobilière ralentit pendant l’été
Le marché n’a pas confirmé l’embellie observée au printemps. Entre juin et août 2026, près d’un notaire sur deux, soit 49 %, a constaté une diminution de son activité. À l’inverse, seulement 16 % des professionnels interrogés ont observé une reprise des transactions, contre 26 % lors de la précédente enquête.
Cette baisse s’explique notamment par une demande moins importante. Les acquéreurs sont aujourd’hui moins nombreux, mais aussi beaucoup plus attentifs avant de passer à l’achat. Prix, état du logement, performance énergétique ou encore montant des travaux sont scrutés avec davantage de vigilance.
Les perspectives pour l’automne restent donc mesurées. 56 % des notaires tablent sur une stabilité du nombre de transactions, tandis que 37 % anticipent une nouvelle baisse. Seuls 7 % envisagent une progression des ventes.
Le marché continue ainsi de fonctionner, mais à un rythme plus lent. Les délais nécessaires pour vendre s’allongent également : ils atteindraient désormais en moyenne 110 jours selon les données citées dans l’enquête.
Les vendeurs confrontés à une nouvelle pression sur les prix
L’autre tendance forte de cette rentrée concerne les prix. 60 % des notaires interrogés déclarent avoir constaté une baisse des prix immobiliers, contre 52 % au printemps.
Ce chiffre doit cependant être interprété avec prudence : il reflète les observations des notaires interrogés et ne correspond pas à une baisse de 60 % des prix à l’échelle nationale.
Pour les prochains mois, la tendance devrait rester orientée vers la stabilité ou la baisse. 54 % des professionnels anticipent des prix stables à l’automne, tandis que 46 % prévoient une nouvelle diminution. Aucun des notaires interrogés ne mise sur une hausse.
Dans ce contexte, tous les biens ne sont pas logés à la même enseigne. Les logements bien situés, en bon état et proposés à un prix cohérent continuent de séduire les acquéreurs. En revanche, les biens nécessitant d’importants travaux, affichant un DPE peu performant ou présentant des charges élevées peuvent avoir davantage de difficultés à se vendre.
Le prix affiché devient déterminant
Pour les propriétaires souhaitant mettre leur logement sur le marché, le constat est donc assez clair : l’estimation du bien doit être particulièrement précise.
Fixer un prix volontairement élevé dans l’espoir de négocier ensuite peut aujourd’hui s’avérer risqué. Un logement surestimé peut rester plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sans trouver d’acquéreur. Avec le temps, l’annonce peut perdre en visibilité et susciter davantage de négociations.
Avant une mise en vente, certains travaux peuvent également être pertinents pour améliorer l’attractivité du logement. Il ne s’agit toutefois pas de transformer entièrement le bien, mais plutôt de cibler les améliorations susceptibles de répondre aux attentes actuelles des acheteurs.
Le financement reste un frein pour les acquéreurs
Du côté des acheteurs, l’accès au crédit continue de jouer un rôle majeur. Le taux moyen évoqué dans le communiqué se situe autour de 3,30 %, tandis qu’une remontée vers 4 % d’ici la fin de l’année pourrait encore réduire la capacité d’emprunt de certains ménages.
Face à ces contraintes, les acquéreurs peuvent néanmoins bénéficier de différents dispositifs selon leur situation. Certaines banques proposent notamment des prêts à taux bonifiés, tandis que le PTZ peut également contribuer au financement de certains projets pour les ménages qui remplissent les conditions d’éligibilité.
Le marché des terrains semble, lui, résister davantage. 66 % des notaires interrogés anticipent une stabilité des prix, contre 34 % qui prévoient une baisse. Les terrains aux budgets maîtrisés pourraient notamment continuer à attirer les primo-accédants.
Changer de logement : les notaires recommandent la prudence
Dans ce contexte incertain, les notaires se montrent également prudents concernant les projets de changement de résidence.
88 % d’entre eux recommandent aux propriétaires de vendre leur logement avant d’en acheter un nouveau. L’objectif est notamment d’éviter de devoir financer deux biens simultanément ou de se retrouver contraint de vendre rapidement son ancien logement.
À l’inverse, seulement 5 % conseillent d’acheter avant de vendre et 7 % recommandent simplement d’attendre.
Cette stratégie n’est toutefois pas adaptée à toutes les situations. La décision doit notamment tenir compte de la situation financière du ménage, de la facilité à vendre le logement actuel sur le marché local et des conditions d’un éventuel prêt relais.
Un marché qui exige désormais davantage d’adaptation
L’enquête Immonot dresse finalement le portrait d’un marché immobilier loin d’être bloqué, mais beaucoup plus sélectif qu’auparavant.
Les acquéreurs restent présents, mais ils prennent leur temps et privilégient les logements présentant un bon rapport entre prix, emplacement et qualité. Pour les vendeurs, la capacité à proposer un bien correctement évalué et adapté aux attentes du marché devient donc essentielle.
Après une période estivale plus calme, la rentrée immobilière devrait ainsi rester placée sous le signe de la prudence. Dans ce contexte, connaître précisément la valeur de son bien et être accompagné par un professionnel du marché local peut constituer un véritable atout pour réussir sa vente.