Une reprise encore très loin de la normale
Si davantage de logements sont proposés à la location qu'il y a un an, le niveau reste très inférieur à celui observé avant les différentes crises. Comparée à 2019, l'offre locative nationale demeure en recul de 55 %, preuve que le marché reste profondément déséquilibré.
Cette reprise constitue donc davantage une légère amélioration qu'un véritable retour à la normale. Les volumes disponibles restent parmi les plus faibles jamais enregistrés.
Des disparités importantes selon les territoires
Toutes les régions ne connaissent pas la même évolution.
Certaines villes affichent une nette amélioration. Nantes dépasse désormais son niveau d'avant-crise grâce à une forte progression de son offre, tandis que Strasbourg retrouve un marché plus équilibré. La Corse fait figure d'exception, avec une offre locative désormais supérieure à celle de 2019.
À l'inverse, plusieurs secteurs restent fortement touchés. Bordeaux, malgré une hausse de l'offre ces derniers mois, accuse encore un important déficit par rapport à son niveau d'avant-crise. En Île-de-France, hors Paris, l'offre demeure également très insuffisante.
Les petites surfaces concentrent toutes les tensions
Le principal déséquilibre concerne aujourd'hui les studios et les deux-pièces.
À l'échelle nationale, ces logements représentent 64 % de la demande, alors qu'ils ne constituent que 56 % de l'offre disponible. À Paris, la situation est encore plus marquée : près de 8 recherches sur 10 concernent une petite surface.
Cette forte pression s'explique par la diversité des profils qui recherchent ce type de biens : étudiants, jeunes actifs, personnes seules, familles monoparentales ou jeunes couples se retrouvent en concurrence sur les mêmes annonces.
Résultat, certaines agences immobilières reçoivent plusieurs centaines d'appels, voire près d'un millier en seulement une heure lors de la publication d'un studio particulièrement recherché.
De plus en plus de studios quittent le marché locatif
Autre évolution notable : les petites surfaces sont de plus en plus souvent proposées à la vente plutôt qu'à la location.
En 2019, près des trois quarts des studios mis sur le marché étaient destinés à la location. En 2026, cette proportion est devenue minoritaire, ce qui réduit encore davantage l'offre disponible pour les locataires.
Une mobilité résidentielle qui ralentit
Le marché souffre également d'un manque de rotation.
Les locataires restent aujourd'hui plus longtemps dans leur logement, souvent faute de trouver une alternative adaptée ou d'accéder à la propriété. Entre 2019 et 2025, la durée moyenne d'occupation d'un logement s'est allongée de plus de sept mois.
Cette situation freine l'ensemble du parcours résidentiel : moins de logements se libèrent, ce qui accentue encore les difficultés pour les nouveaux entrants sur le marché.
Les logements énergivores disparaissent progressivement de la location
La transition énergétique contribue également à la réduction du parc locatif.
Depuis 2019, les annonces concernant des logements classés F ou G au DPE ont fortement diminué. Une grande partie de ces biens est désormais orientée vers la vente afin d'être rénovée, réduisant temporairement le nombre de logements disponibles à la location.
Si cette évolution répond aux objectifs de rénovation énergétique, elle participe aussi aux tensions actuelles sur le marché.
Des loyers qui restent élevés
À la rareté des biens s'ajoute un problème de pouvoir d'achat.
Les loyers médians des studios atteignent environ :
- Rennes : 500 €
- Bordeaux : 630 €
- Lyon : 667 €
- Nice : 750 €
- Paris : 1 100 €
Pour louer un logement de 60 m², les revenus nécessaires varient fortement selon les territoires, allant d'environ 1 740 € par mois en zone rurale à près de 5 850 € à Paris.
Trouver un logement disponible ne suffit donc plus : encore faut-il disposer des revenus permettant d'y accéder.
Des perspectives encore incertaines
Plusieurs mesures pourraient progressivement améliorer la situation, notamment le nouveau statut du bailleur privé, destiné à encourager l'investissement locatif grâce à un mécanisme d'amortissement fiscal.
La remise sur le marché de logements rénovés pourrait également contribuer à augmenter l'offre disponible. Toutefois, les conditions de financement et la forte demande, notamment sur les petites surfaces, laissent penser que les tensions devraient perdurer.
Par ailleurs, l'évolution démographique renforce durablement cette pression. La taille moyenne des ménages diminue depuis plusieurs décennies et près de quatre Français sur dix vivent désormais seuls, augmentant mécaniquement les besoins en petits logements.
Le marché locatif français montre des signes de reprise en 2026, mais cette amélioration reste insuffisante pour compenser plusieurs années de recul. Entre le manque de petites surfaces, le ralentissement de la mobilité résidentielle, la rénovation énergétique et le niveau élevé des loyers, les tensions demeurent fortes. Si certaines mesures pourraient favoriser un retour progressif de l'offre, l'équilibre du marché reste encore loin d'être retrouvé.